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  • : Gaël Pollès
  • femmesjevoushais-me
  • : Paris Issy
  • : Journaliste, réalisateur, animateur, auteur, producteur, autant de passions que de doigts à une main, Curieux, entreprenant, rêveur, heureux, et passionné, cinq qualités pour autant de défauts que de cheveux sur la tête.
Vendredi 14 décembre 2007


– Chéri, tu sais, c’est bientôt mon anniversaire…
Mmmmmmh, j’adore quand Alyssia me réveille en se lovant contre moi et en murmurant des inepties à mon oreille… C’est bon signe. Il se pourrait que la journée commence bien. Je ronronne et ouvre lentement les yeux, le jour entre timidement par l’interstice du rideau du velux et ma princesse s’est entortillée autour du drap. Son corps admirablement sculpté apparaît par endroits. Ses hanches fines s’offrent à mes caresses.
– C’est dans dix jours, mon anniversaire.
Qu’est-ce qu’elle raconte ? On l’a déjà fêté son anniversaire. 25 ans. Je lui ai offert un magnifique collier ancien, pur chef d’œuvre de l’Art Déco. Ça m’a coûté une tonne, mais le regard des copines jalouses dans chaque soirée où elle le porte me rembourse largement… C’était il y a deux mois.
À moins que… Quel jour sommes-nous aujourd’hui ? Le cinq ? Putain, déjà ! Je lui fais un long sourire entendu et la serre dans mes bras.
– Tu sais combien ça fait ?
Évidemment que je sais. Comment pourrais-je oublier ? Onze mois et 20 jours que tous les trente jours, j’ai le droit à la scène de l’anniversaire. Même si j’avais eu la moindre velléité d’oublier le jour de notre rencontre, je ne vois pas comment j’aurais pu… C’était le 15 juillet. Premier regard échangé, 23h30, premier mot 00h15, premier baiser 3h05, sur la piste de danse, chez Castel, rue Princesse, à Paris. Il y a donc bientôt douze mois…
– Bientôt un an, tu te rends compte ?
Non pas vraiment. En fait, si tu ne me le rappelais pas tout le temps, c’est sûr que je ne m’en souviendrais pas. Je suis déjà naturellement pas doué pour les dates, mais alors là, t’as pas idée d’à quel point je me fous de savoir si ça fait neuf, dix ou quinze mois que nous sommes ensemble… C’est marrant ce besoin de compter, de quantifier. Comme si la qualité d’une relation se jugeait au temps qui est passé. Le pire c’est qu’à chaque fois que tu rappelles cet anniversaire, j’ai l’impression que tu célèbres une victoire, une performance. Mais de qui ?
– Tu vois, t’es foutu. Tu ne peux plus me quitter maintenant. Tu m’aimes trop !
Je m’en doutais… Pourtant je n’ai pas l’impression d’avoir perdu quoi que ce soit, mais maintenant que tu en parles, je devrais peut-être me poser la question…
T’es foutu. Ainsi, il faudrait toujours un gagnant et un perdant en amour.

T’es foutu… Mais pourquoi toutes les expressions qui parlent d’amour ont une connotation négative ? En Français comme en Anglais, on tombe amoureux, we fall in love. On sombre dans l’amour, on se noie dans la passion. Aïe. Et si les linguistes ou nos ancêtres avaient voulu nous faire comprendre quelque chose ? Une donnée si énorme qu’il serait impossible de la reconnaître au grand jour… Un message codé serait ainsi glissé dans les langues du monde entier pour nous prévenir, nous avertir…

Et si l’homme et la femme n’étaient tout simplement pas faits pour vivre ensemble ?
 
par Gaël Pollès
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